Un dangereux rétropédalage de la MP, gare au retour des flammes

Les délégués du pouvoir affirment avoir paraphé, « sous réserve », le texte final des négociations directes. Pourtant, lors de la cérémonie de clôture, ils n’avaient pipé mot. Un dangereux rétropédalage qui inquiète l’église catholique. La mention « sous réserve » apparaît sur le document du compromis, à côté de la signature d’Alexis Tambwe Mwamba, le chef de la délégation de la mouvance présidentielle, selon un évêque qui s’est confié à 7/7.CD.  Mais qu’est-ce qui peut expliquer cette volte-face du pouvoir si jamais la MP se servait de sa signature sous réserve pour bloquer l’application de l’accord ? Selon Atundu Liongo, le porte-parole de la MP,  trois raisons justifient cette option. Dabord, l’absence de l’inclusivisité.

Le MLC n’a pas signé le document. Au MLC, il faut ajouter aussi un bon nombre de leaders de l’opposition signataire de l’Accord de l’Union Africaine. Important de les convaincre à approuver, à tout prix, le compromis. Curieux tout de même que le pouvoir se préoccupe du parti de Bemba dont le leader se trouve à la Haye suite aux machinations politiques orchestrées par les mêmes personnes, hurle le radical Vuemba.

L’opposant s’étonne que le pouvoir qui a dédoublé le MLC, s’apitoie  aujourd’hui sur son sort. D’un ton sévère, Vuemba
« ceux qui ont interrompu le signal de CCTV depuis le 19 décembre. Ils veulent se donner bonne conscience. Ils ont oublié que CKTV a été réduite au silence une année durant. Le ridicule ne tue pas ». En signant le document, le leader de l’opposition pro-dialogue, Vital Kamerhe a légitimé l’Accord de la Cenco et délégitimé l’accord de la cité de l’UA. D’ailleurs, la majorité de signataires de l’accord de l’ex camp Tshatshi, rebaptisé cité de l’UA, sont derrière le pacificateur Vital Kamerhe. Maintenant de quelle inclusivisité, parle-t-on ? Le petit groupe qui rejette le compromis des évêques, cherche tout simplement à s’accrocher à un accord qui n’existe plus. Ensuite, on parle du respect de la constitution.

Aucune disposition contraire à la constitution ne sera appliquée, ajoute Atundu. Étonnant que cela vienne de la majorité qui a délégué ses meilleurs experts juristes aux travaux. Dans les deux camps, on a veillé que l’accord soit conforme à la constitution, assure l’abbé Donatien Nshole, le Secrétaire général ad intérim de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Mais en réalité, qui doit respecter la constitution, s’interroge Martin Fayulu ?

L’opposition, la population ou le pouvoir ? Enfin, la MP évoque le problème de dédoublement  de partis politiques. Seul le cas MSR a été cité. Selon Atundu Liongo, la demande a été faite au ministre de l’Intérieur de reporter son arrêté conformément aux principes juridiques et pour le respect de cet Accord. Fallait-il signer sous réserve pour ce faux problème, ironise un diplomate africain en poste à Kinshasa ? C’est au pouvoir de supprimer toutes les autres ailes qu’il a créé délibérément.

Qu’il s’agisse de l’ARC, du PDC, de l’UNAFEC, de l’UNADEF, du MSR, du MLC et autres. Le signal émis par le pouvoir inquiète les évêques sur la bonne foi des acteurs à appliquer scrupuleusement l’Accord du centre interdiocedain. Face à cette position qui risque de semer le doute au sein de l’opinion, la Conférence épiscopale nationale du Congo a menacé de tirer toutes les conséquences.

Présentement, les prélats se consacrent à l’élaboration du chronogramme avec les deux parties. Déjà à la clôture des travaux au soir du 31 décembre, Mgr Utembi avait assuré que les absents signeront le document après. Une manière d’apaiser tout le monde. Vouloir se saisir du cas MLC pour retarder l’application de l’Accord suscitera un torrent de condamnations de part le monde.

Le mieux pour le pouvoir aujourd’hui, c’est de respecter tous ses engagements pris dans le cadre de l’ Accord qui est déjà entré en vigueur. Emprunter toute autre voie aura sans doute des répercussions néfastes contre le régime Kabila.La communauté internationale veille à l’application de l’Accord comme du lait sur le feu. A New-York, Washington, Paris, Londres et Bruxelles, la présidentielle doit avoir lieu cette année. Aucune prolongation ne sera tolérée.
Cet accord est l’unique  chance pour le président Kabila  de quitter de manière pacifique le pouvoir conformément à  ses propres  engagements.


S’ il ne saisit pas cette chance, gare au retour des flammes.
Il ne doit pas remettre  son sort aux thuriféraires.
L’absence  de l’application de l’accord appellera  la réaction de la rue et de la  communauté internationale.

Joseph Kazadi

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