Le monde arabe se convertit à la multipolarité

Alors que la Syrie est en passe d’éradiquer la menace terroriste qui menaçait le pouvoir légal et l’intégrité territoriale du pays depuis plusieurs années, des changements évidents s’opèrent dans la région.

Les succès des alliés de la Syrie, notamment de la Russie, replacent celle-ci au centre du jeu moyen-oriental, au plus grand bénéfice de la multipolarité.

L'armée gouvernementale syrienne, appuyée par la Russie, poursuit à rythme élevé son offensive contre la secte Daech, toujours plus à l'est du territoire national, avec l'objectif clairement annoncé: libérer complètement la ville de Deir ez-Zor et la province éponyme. Conséquence de ces offensives: la Syrie retrouve progressivement la paix et la stabilité. Le travail n'est pas encore terminé, comme l'a récemment rappelé le président al-Assad, s'exprimant devant les cadres diplomatiques syriens.  Même vaincu, le terrorisme compte poursuivre ses actes à travers des cellules dormantes. C'est un défi global auquel il faut être prêt et prendre les mesures nécessaires, en coordination avec les pays alliés. Une chose est néanmoins certaine: la Syrie n'est pas tombée et ne tombera pas. C'est le résultat direct de la résistance du peuple syrien aussi bien face au terrorisme qu'au néocolonialisme qui voulait abattre la souveraineté de cette ancienne nation.

Les alliés de la Syrie ont évidemment joué aussi un rôle de premier plan dans cette reconquête du territoire national face au terrorisme international. Ces alliés sont connus: Russie, Iran, Hezbollah libanais. Chose surprenante et passée sous silence par les médias mainstream: c'est seulement en deux ans d'intervention de la Russie en Syrie, à la demande du gouvernement syrien, que Daech a commencé à très sérieusement reculer, au point d'être aujourd'hui tout simplement acculé de tous côtés.

Alors comment se fait-il que durant la campagne de la large «coalition» US, qui agit depuis 2014 sans le consentement du gouvernement syrien, Daech n'ait fait qu'avancer et jamais reculer? Comment se fait-il qu'en ayant un nombre de matériels (notamment d'avions de combat) beaucoup plus important que la Russie, que la prétendue coalition ait réalisé plusieurs fois moins de frappes contre les terroristes de Daech que les forces aérospatiales russes?

Les médias occidentaux et consorts se gardent bien de poser ces questions embarrassantes, encore moins d'y répondre. Chacun a déjà ou se fera sa propre opinion. D'ailleurs, leur relatif silence en ce qui concerne les tout derniers succès de l'armée syrienne et de ses alliés face à Daech sont eux aussi fort révélateurs. Observez simplement le fil d'actualité sur la Syrie sur Google pour vous en convaincre, même si certains médias centraux préfèrent avouer malgré eux la vérité, au risque de se ridiculiser.

En tout cas, cette réalité pousse déjà plusieurs pays de la région à réévaluer leur positionnement en matière de politique internationale. Ainsi, la Russie, «isolée» selon les termes pas si lointains de l'administration Obama, accueille pratiquement toutes les semaines des représentants d'un grand nombre de pays venant chercher le soutien, ou du moins le renforcement de ses relations avec Moscou.

Après le maréchal libyen Khalifa Haftar, venu chercher le soutien militaire de la Russie, les représentants d'autres pays arabes, y compris «traditionnellement» plus proches de l'Occident, s'activent pour se rapprocher de Moscou, notamment dans le domaine de la Défense. À ce titre, le Qatar projette d'acheter des technologies russes de systèmes de DCA, les Émirats arabes unis mènent des négociations en vue d'acquérir sous peu plusieurs dizaines de chasseurs russes Su-35 dernier cri. Enfin, le ministre libanais de la Défense, en visite récente à Moscou, n'a pas mâché ses mots en affirmant que «le Liban compte sur l'aide de la Russie dans la lutte antiterroriste».

Quant aux partenaires traditionnels de la Russie, comme l'Algérie, dont le partenariat date de plusieurs dizaines d'années, le niveau des relations est non seulement maintenu, mais prend de plus en plus d'ampleur. Les relations russo-égyptiennes s'intensifient également dans différents domaines. Quant au Maroc, qui diversifie actuellement largement ses relations extérieures, il ne cache pas que la Russie figure parmi ses principales priorités. Le gouvernement palestinien, quant à lui, souhaite une participation beaucoup plus importante de la Russie dans la résolution du conflit israélo-palestinien, aux dépens du «rôle» étasunien.

On voit que la campagne militaire russe en Syrie a confirmé plusieurs choses. La Russie en ce XXIe siècle n'a absolument plus rien à avoir avec celle ayant succédé dans la dizaine d'années de la chute de l'URSS. Absolument rien.

L'armement et les spécialistes russes ont démontré toute leur efficacité, y compris dans des conditions extrêmes, ce que mettaient en doute depuis tellement d'années les «experts» occidentaux autoproclamés.

Mais la Russie a aussi prouvé que lorsqu'elle combat le terrorisme, elle le fait sans arrière-pensée, à l'inverse de certains pays qui prétendent combattre ce même terrorisme tout en le promouvant de par leurs interventions purement néocoloniales et en l'utilisant lorsque cela arrange leurs objectifs géopolitiques et géoéconomiques.

Enfin, la Russie a confirmé une fois de plus son respect de la souveraineté des États et du droit international. Et même certains pays, qui au départ jouaient le jeu des terroristes en cherchant la chute du gouvernement légitime de Syrie, sont arrivés progressivement à la conclusion qu'il était préférable de travailler avec des partenaires qui respectaient leur souveraineté, qu'avec ceux qui les feraient chuter lorsque cela serait «nécessaire» à leurs intérêts ou à leurs appétits.

Il en est ainsi du Moyen-Orient, devenu pratiquement l'arrière-cour des USA après les interventions du début des années 2000 de l'administration Bush Jr.: la révolution non seulement arrive à grands pas, mais a déjà commencé. Une grande partie du monde arabe voit en la Russie et dans le concept multipolaire la solution à de nombreux problèmes auxquels elle fait face, qu'ils soient liés aux questions sécuritaires ou au problème d'interférence d'acteurs extrarégionaux dans les affaires intérieures. Toutes ces raisons font que le monde arabe et la Russie retrouvent un niveau de relations tout aussi important qu'à l'époque soviétique, voire le dépassant sur certains aspects.

Et si en plus du monde arabe, on garde en tête que des pays comme l'Iran ou la Turquie, acteurs de premier plan du monde musulman, se trouvent eux-aussi dans un partenariat stratégique avec la Russie, on comprend à quel point la multipolarité prend de l'ampleur. 
Un concept dont le succès s'opère aux dépens de ceux qui s'obstinent à promouvoir le concept unipolaire, définitivement révolu- qu'ils le veuillent ou non.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.


 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

TV de la Diaspora

Ecouter la Radio !

+32 486.330.897

+32 466.440.618

Diaspora Congo Actualité

ActualitéSénateur russe: nous ne laisserons pas les USA «expérimenter» avec la Corée du Nord
18/09/2017
article thumbnail

La Russie, pays limitrophe de la Corée du Nord, ne peut pas tolérer une opération militaire dans ce pays, qui risquerait d'avoir des conséquences très graves non seulement pour la région, mais pour le monde entier, selon un sénateur russe. Étant donné qu'une opération militaire des États-Unis et de leurs alliés contre la Corée du Nord obligerait Pyongyang à riposter par tou [ ... ]


ActualitéRDC-Crise : l’opposant Moïse Moni Della demande des sanctions onusiennes contre Kabila
18/09/2017
article thumbnail

  Dans une correspondance adressée au Secrétaire Général des Nations-Unies vendredi 15 septembre dont une copie est parvenue à 7SUR7.CD, le Président National des Conservateurs de la Nature et Démocrates, CONADE, parti membre du Rassemblement, demande des sanctions onusiennes contre le Président RD. Congolais Joseph Kabila qui selon lui, « demeure le problème dont souffre la RDC  [ ... ]


ActualitéBiens diplomatiques: la Russie ne retardera pas à adopter des mesures de rétorsion
11/09/2017
article thumbnail

Moscou adoptera dans les plus brefs délais les mesures de rétorsion à l’encontre des diplomates américains travaillant en Russie, a déclaré à Sputnik le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a promis de ne pas retarder l'adoption des sanctions en réponse à la saisie des biens diplomati [ ... ]


ActualitéL’agence nord-coréenne qualifie l’ambassadrice US à l’Onu de «prostituée agitant sa jupe»
11/09/2017
article thumbnail

En réponse aux critiques émises par les États-Unis suite au dernier essai nucléaire effectué par Pyongyang, l’agence publique nord-coréenne s’en est violemment prise à Nikki Haley… Les propos tenus la semaine dernière par l'ambassadrice américaine à l'Onu, Nikki Haley, qui a fustigé le récent essai nucléaire mené par Pyongyang en brandissant la menace de nouvelles sa [ ... ]


Diascongo vous conseille :

logo

Publicité

Sondage

L'Union européenne et l'administration américaine ont adopté lundi 12 décembre des mesures restrictives en matière de déplacements et un gel des avoirs à l'égard des responsables civiles et militaires congolais occupant «des positions de responsabilité da

Compteur des Visites

mod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_countermod_vvisit_counter
mod_vvisit_counterAujourd'hui656
mod_vvisit_counterCette Semaine17159
mod_vvisit_counterCe Mois - ci57903
mod_vvisit_counterAu Total2367533

© Copyright 2013 Diaspora Congo TV. Designed by Ing. N B. Pitshou

Member Login